Mieux communiquer en trois points


Communiquer comme Cicéron

Entretien d’embauche, conférence, débat, interview… Lorsque nous devons prendre la parole en public ou face caméra, le stress, trop souvent, neutralise l’impact de notre discours. Il nous faut donc trouver des moyens de nous entraîner à mieux communiquer. Pour cela, trois points sont à considérer avant toute autre chose: la communication verbale, la communication non-verbale et la communication para-verbale.

La communication verbale, c’est la parole, c’est-à-dire l’organisation des mots dans une grammaire et une syntaxe modulables indéfiniment en fonction du contexte d’énonciation; la communication non-verbale, ce sont les gestes, les vêtements, les attitudes ou encore les micro-expressions du visage qui véhiculent du sens; la communication para-verbale, ce sont les sons et les intonations: c’est la mélodie du sens.

Quand ces trois points se désynchronisent, notre communication perd en impact. Alors, même si l’on sait que 93% du langage repose sur le non verbal – à savoir 55% de non-verbal, 38% de para-verbal et seulement 7% de verbal, selon Albert Mehrabian – nous apprendrons à mieux communiquer selon ces trois points pris à égalité.

Améliorer sa communication para-verbale

Pour améliorer notre communication para-verbale, il existe un moyen simple de nous entraîner: lire à haute voix un discours en nous enregistrant. Que ce soit un extrait de roman, un article de presse, un poème, un discours politique ou religieux, notre entraînement consiste à déclamer un texte en articulant exagérément chaque syllabe et en insistant sur l’intonation.

Ainsi, en nous servant de la syntaxe comme d’une partition, en assumant des silences lourds de sens, le rythme que nous impulsons au discours se charge d’une intensité nouvelle. En réitérant l’expérience régulièrement, en  écoutant avec attention notre manière d’animer notre lecture, nous prendrons l’habitude d’assumer la musicalité de notre parole.

Améliorer sa communication verbale

Pour améliorer notre communication verbale, il est indispensable de lire davantage, comme il est indispensable de diversifier nos lectures. Nous devons ouvrir absolument les possibilités de notre niveau de langue. Or, par « niveau de langue », nous ne faisons pas référence au niveau de langue dit « soutenu »: cela n’est pas nécessairement notre ambition.

En revanche, nous voulons « élever » notre niveau de langue: cela veut dire avoir à notre disposition un vocabulaire clair et conforme au personnes que nous voulons convaincre, qui ne sont pas forcément des spécialistes du sujet traité. Ainsi, l’acte de lecture permet de s’imprégner d’une infinité de langues (les langues poétiques, les langues politiques, les langues juridiques, etc.) enrichissant notre  langue personnelle. Chaque langue est unique, chaque langue est un style à part entière: alors, créons notre propre langue en lisant la langue des autres.

En outre, le fait de diversifier nos lectures est d’autant plus important qu’une communication verbale efficace ne passe pas seulement par des arguments. Hors de question de nous contenter d’une littérature seulement liée à notre profession: les textes sacrés, la poésie, les grandes plaidoiries des ténors du barreau, la mathématique ou encore les ouvrages de rhétoriques sont autant de moyens d’enrichir notre parole, de lui insuffler de la vie. Il ne faut pas hésiter à recourir à des métaphores, à des images, à raconter une histoire à l’auditoire. D’ailleurs, on qualifie aujourd’hui de « Storytelling »  la technique consistant à dissoudre l’argumentation dans une stratégie narrative afin de toucher le coeur de l’auditoire, et non plus seulement sa raison.

Améliorer sa communication non-verbale

Pour améliorer notre communication non-verbale, les nouvelles technologies peuvent là encore nous être utiles. Pour cela, nul besoin de solliciter l’avis d’un coach ou d’un tiers. Grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons nous filmer nous-mêmes lorsque nous répétons notre discours. Avec objectivité et bon sens, nous saurons analyser les signes non-verbaux qui trahissent notre inconfort ou ceux qui, au contraire, produisent de la puissance. En réitérant l’expérience régulièrement, nous saurons faire se correspondre le geste et la parole.

De tout ce qui précède, gardons en mémoire que la prise de parole en public est un art qu’il faut travailler avec persévérance. Personne n’est parfait, personne ne naît parfait: en revanche, chaque jour est l’instant de notre perfectibilité.

David Jarousseau

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