Thibault de Montbrial, Le sursaut ou le chaos


Thibaut de Montbrial, Le sursaut ou le chaos

Thibault de Montbrial, Le sursaut ou le chaos, Editions Plon, Paris, 2015

Depuis les tueries perpétrées par Mohammed Merah, les autorités françaises ont compris que s’était mis en place un terrorisme « low cost ». Moins spectaculaire que les attentats du 11 septembre 2001, ce terrorisme d’un genre nouveau n’en est pas moins meurtrier.

Les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 qui ont couté la vie aux journalistes de Charlie Hebdo illustrent la nouvelle tactique à laquelle recourent les islamistes: porter la guerre sur le territoire de l’ennemi en faisant commettre leurs forfaits par des « Français de souche » fraîchement convertis ou des Français issus de l’immigration.

Pour endiguer le phénomène, l’avocat pénaliste au barreau de Paris, Thibault de Montbrial, sonne le tocsin : la France est entrée en guerre ; son ennemi, ce n’est pas la finance, mais le terrorisme islamique.

De l’Orient à l’Occident: l’incroyable essor de l’islam

Du Pakistan jusqu’à l’Ouest de l’Afrique, le sunnisme est la tradition musulmane qui engage le fidèle à suivre une lecture rigoriste des préceptes du Coran pour adopter la ligne de conduite du prophète Mahomet. Mais pour les sunnites salafistes, cette tradition mahométane doit s’inscrire dans un islam conquérant : le Dar al-Harb (« la Maison des infidèles ») doit devenir le Dar al-Islam (« la Maison des croyants ») par tous les moyens possibles.

L’Islam sunnite n’aurait donc rien de particulièrement inquiétant si ne se développait en France l’obédience salafiste. Or, le salafisme ne peut pas être cet « islam républicain » que Jean-Pierre Chevènement appelait de ses voeux. Non, le salafisme ne peut pas être soluble dans la République puisque la Charia et la Sunna sont au-dessus de notre Constitution.

Thibault de Montbrial rappelle que nos partenaires européens rencontrent les mêmes difficultés à contenir l’essor de cet islam rigoriste. En Belgique, le parti  politique « Islam », qui compte deux conseillers communaux à Bruxelles, oeuvre à ce que le pays devienne un état islamique. Outre-Rhin, le bien-nommé Thilo Sarrazin, ancien membre du directoire de la Bundesbank, a mis en garde ses compatriotes contre les risques d’une islamisation du pays dans un ouvrage retentissant, L’Allemagne disparaît. Outre-Manche, les Anglais commencent à revenir sur ce « laisser-faire » qui autorise les prédicateurs à s’exprimer publiquement. Surtout depuis qu’ils ont découvert que le bourreau de James Folley, journaliste décapité en 2014, était un citoyen… britannique.

La France : l’ennemi public n°1

Pratiquant la taqiya, c’est-à-dire l’esprit tactique préconisé en cas de force majeure, les terroristes islamiques ont su se moderniser pour combattre l’Occident. Dans le cadre de la cyberguerre, ils recourent volontiers aux techniques de communication les plus sophistiquées pour promouvoir leurs revendications et leurs crimes. Le côté « entertainement » de leurs films de propagande permet une starification des djihadistes et la profération de menaces ciblées. Précisément, la cible de prédilection, c’est la Fille aînée de l’Eglise. Le message d’Adnani, porte-parole de l’Etat Islamique, ne fait pas dans la coquetterie et donne la chair de poule:

« Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français […] alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière ».

Pourquoi tant de haine? D’abord, le laïcisme et le libéralisme bioéthique à la française constituent autant de provocations qui méritent, aux yeux de nos ennemis, une réaction autrement plus sanglante qu’une « manif pour tous », banale et bien élevée. Ensuite, nos engagements à l’extérieur, comme les opérations « Pamir » en Afghanistan ou « Serval » au Mali, montrent la détermination de la France à être un acteur de premier plan dans la lutte contre l’Etat Islamique. Enfin, la médiatisation obsessionnelle de la question musulmane a tendance à donner aux musulmans de France le sentiment qu’ils sont systématiquement pointés du doigt.

« Surtout pas d’amalgame; il ne faut pas stigmatiser »

Alors… que faire? Thibault de Montbrial préconise de prendre des mesures fortes pour tenir tête aux revendications communautaires. Ainsi, le rôle civique de l’Education nationale doit être renforcé : « dans les écoles, collèges et lycées, un salut au drapeau de la République française au début de chaque semaine serait un symbole fort ».

Mais cela ne saurait être suffisant. Thibault de Montbrial préconise de renforcer les moyens et capacités d’analyse : hermétique à l’appel à la prière d’Edwy Plenel, « surtout pas d’amalgame; il ne faut pas stigmatiser », l’avocat pense au contraire qu’il est grand temps de recourir aux statistiques ethniques. « Assouplir les modalités de déchéance de la nationalité envers nos binationaux engagés au djihad, comme les Britanniques l’ont mis en place » serait la démonstration que la France a bien compris que nous sommes en plein choc des civilisations. La France est entrée en guerre et elle ne capitulera pas : le drapeau blanc ne flottera pas devant leur drapeau noir.

David Jarousseau

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *