Stress : une histoire de probabilités ?


Théorie du Chaos

Le stress peut se définir comme l’état dans lequel l’individu se trouve lorsque l’expérience qu’il s’apprête à réaliser ne relève pas de son habitude ; ou alors lorsqu’il l’a déjà faite, répétée et qu’il est coutumier de ne pas la réussir. Le stress est donc étroitement lié aux perspectives de succès de l’expérience, à l’incapacité d’en prévoir l’issue. Or, c’est oublier que toute prévision exacte est scientifiquement impossible. Il faut dès lors envisager le stress autrement que comme un handicap mais simplement comme une donnée de l’expérience.

Pour combattre le stress, tout consiste à mettre en œuvre une stratégie visant à augmenter les chances de victoire ; cela passe non seulement par la réitération de l’expérience mais aussi par la pensée qui permet d’évaluer les chances de succès en fonction des probabilités. Or, les probabilités mathématiques ne permettent pas d’obtenir à 100% une prédiction juste. Diminuer son stress revient donc d’abord à accepter aussi l’incertitude comme une donnée de l’expérience : cela permet de mesurer la probabilité d’échec… sans oublier que cette probabilité est aussi importante, statistiquement, que celle du succès. Dans son ouvrage Hasard et chaos, le scientifique David Ruelle précise qu’on ne peut qu’établir une « théorie probabiliste optimale ». Il est donc important de prendre conscience que la répétition de l’expérience, autrement dit l’entraînement, et l’anticipation augmentent les chances de victoire – sans jamais l’assurer.

Dès lors, diminuer notre stress implique une réflexion supplémentaire : si la prévision de 100% de chances de succès est impossible statistiquement, alors il faut accepter que 50% de probabilité d’échec est effectivement possible, mais non nécessairement probable. A partir de là, il faut reconsidérer notre rapport à l’erreur. Ainsi, la philosophie qui consiste à être convaincu que l’on apprend de ses erreurs doit devenir une tactique. En effet, commettre des erreurs est l’assurance que je ne suis pas Dieu, mais un « Homme » au sens plein du terme. Noble entreprise, certes, mais qui exige de considérer le temps que je dois accorder à réitérer l’expérience pour devenir le meilleur et non pas considérer l’être exactement en l’état actuel des choses. Ainsi, diminuer notre stress revient à nous imaginer qu’il est possible de réussir à 100% notre expérience si et seulement l’évaluation de notre succès n’est pas fondé sur la pensée seule, mais aussi sur l’espérance. C’est bel et bien l’espérance qui nous fait dormir sur nos deux oreilles sans penser que nous pourrions mourir pendant notre sommeil – alors même qu’absolument rien ne certifie que nous serons en vie au réveil. Ce que nous appelons « espérance », d’autres la nomment « chance ».

Pour améliorer notre gestion du stress, il nous appartient donc de sortir aussi souvent que possible de notre zone de confort en multipliant, en diversifiant les expériences, et en fondant nos perspectives de succès sur le travail, le hasard et la chance. Et ce que nous appelons « chance », d’autres la nomment « divine providence ».

David Jarousseau

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