Michael Goodwin & Dan E. Burr, Economix


Economix

Michael Goodwin & Dan E. Burr, Economix, Les Arènes, 2013, Paris

Démocratiser l’économie est une tâche ardue qui exige de s’y prendre correctement. Soucieux de relever ce défi pédagogique, Michael Goodwin opte pour un support audacieux, la bande dessinée, afin de revenir sur quatre siècles d’Histoire, de l’essor du capitalisme hollandais à la crise des Subprimes. En héritier du matérialiste dialectique, pour ne pas dire du marxisme, les responsables désignés de toutes les catastrophes sont évidemment les financiers et les patrons : aujourd’hui encore, l’asservissement des masses est la conséquence d’une pensée capitaliste légitimant le « laisser-faire, laisser-aller » jusqu’à l’excès.

Tirant les leçons du passé, comment éviter à l’avenir une crise encore plus violente que celle de 2008? Sûrement en s’inspirant des revendications du mouvement « Occupy Wall street », parmi lesquelles une imposition progressive sur le revenu des entreprises ou encore une taxation sur les transactions financières. En définitive, penser une économie qui soit enfin propice au plus grand nombre plutôt qu’à quelques uns apparait comme la priorité.

La démarche didactique de Goodwin peut être saluée à l’unanimité si l’on sait s’amuser d’un anticapitalisme trop confortable. Car à force d’opposer systématiquement l’entrepreneur et la salarié, on en viendrait à oublier que la responsabilité du citoyen consiste aussi à ne pas accorder sa confiance à n’importe qui, encore moins à n’importe quel prix.

David Jarousseau

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