Jacques Généreux explique l’économie à tout le monde


Jacques généreux explique l'économie à tout le monde

Jacques Généreux, Jacques Généreux explique l’économie à tout le monde,
Seuil, Paris, 2014

La puissance des dialogues platoniciens réside dans la confrontation philosophique du maître et du disciple. Ce dernier demande, s’interroge, s’indigne, s’égare : il est au bout du compte guidé vers une prise de conscience conforme à la doctrine de l’éveil. En vertu de cette configuration traditionnelle, Jacques Généreux endosse ainsi le rôle de Socrate s’entretenant avec un disciple de papier, auquel il rend compte des subtilités de l’économie.

Après avoir donné lieu à une explication des origines historiques des sciences économiques, la conversation évolue vers une remise en cause du « capitalisme réel » qui, après étude, apparaît comme la source des crises financières à répétition. En cause, la concurrence déloyale qui lui serait consubstantielle. Dès lors, tombe sous le sens la préférence pour un «  capitalisme formel » ; pour neutraliser les injustices, il  comportera un certain nombre d’instruments de contrôle, notamment  le plafonnement de la rémunération des actionnaires. Cela rendrait alors envisageable une politique de coopération entre les nations et donc une authentique solidarité entre les individus. Or si, selon la phrase d’Albert Camus, il est admis qu’« on aime l’humanité en général pour ne pas avoir à aimer les êtres en particulier », la route sera longue avant de parvenir à un partage équitable des ressources. Finalement, être généreux serait-il le monopole de ceux qui en ont les moyens ?

David Jarousseau

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