Alain Finkielkraut, La défaite de la pensée


Alain Finkielkraut, la défaite de la pensée

Alain Finkielkraut, La défaite de la pensée, Gallimard, Paris, 1987

L’idée que la pensée prévaut sur la croyance est une conséquence de l’Humanisme. Assumée dès la Renaissance par l’aristocratie, elle se généralise à partir du XVIIIe siècle par l’action des philosophes des Lumières, parvenant même à dévaluer la culture judéo-chrétienne au rang de banale superstition. Si l’encyclopédie supplante la Bible, cette démocratisation de la connaissance pose toutefois problème : savoir, est-ce comprendre ? Toutes les croyances et cultures se valent-elles ? Le philosophe Alain Finkielkraut considère plutôt que la culture, lorsqu’on la désolidarise de la pensée créatrice, fait de l’intelligence une norme quelconque, du génie une règle générale. La disparition de la culture authentique proviendrait en réalité de la déconsidération de la pensée réelle, à laquelle s’est substituée l’idée que tout est culturel. Il n’existe plus aucune différence entre le talent et la simple compétence, au point que se développe un réel mépris pour tout ce qui est consacré supérieur à la moyenne. Or, « quand la haine de la culture devient elle-même culturelle, la vie avec la pensée perd toute signification ». Ce verdict pessimiste de Finkielkraut n’est pourtant pas un défaitisme ; au contraire, il est un rappel puissant que l’Homme ne doit jamais se détourner du souci de l’excellence.

David Jarousseau

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