Lire, écrire, parler: la Grande Triade du développement personnel


rond_full

L’expérience montre que la désaffection de la lecture exerce une influence néfaste sur le développement des aptitudes rédactionnelles et oratoires. S’il est évident que cela est un signe inquiétant du désintérêt pour notre culture, cela est dans le même temps un marqueur inquiétant de l’ignorance de la vocation-même de la lecture.

Lire est une action privilégiée qui régit notre écriture et notre parole. Une première façon de rendre sa communication plus performante est donc de lire davantage : littérature, philosophie, poésie, science, religion… accorder du temps à la lecture d’ouvrages divers permet de nous imprégner de nouveaux mécanismes discursifs et ouvre la parole à d’infinies possibilités de forme et de fond.

Lecture, écriture et parole forment une triade : ces trois actions interagissent et concourent à l’amélioration de notre mémoire. Ainsi, une information est assimilée d’autant plus facilement qu’elle est maintenue à un état dynamique. Nous contenter de lire un article relatif à cette information ne nous permettra pas d’en retenir ni d’en comprendre la « substantifique moelle » : il est nécessaire d’en discuter, voire d’en débattre pour en retrouver les aspects les plus fondamentaux par l’action mnémonique de la parole. Car c’est la parole qui crée la pensée : parler et écrire sollicitent la mémoire en ce qu’elles solidarisent logiquement les informations stockées de façon disparate dans le cerveau.

Il ne faut jamais perdre de vue que tout ce que nos yeux perçoivent est maintenu à un état discret dans le cerveau : le processus de mémorisation s’enclenche par phénomène de répétition (l’acte de relecture, par exemple) mais aussi et surtout lorsque nous prenons l’opportunité d’écrire ce que nous inspire tel ou tel phénomène, et d’en parler avec les autres.

Nous convoquons plus naturellement ce type de mémoire vive à la suite du visionnage d’un film ou d’une expérience personnelle ; et nous nous remémorons d’autant plus facilement les évènements que nous n’avons pas peur de créer une trame narrative littéralement « fabuleuse » et ce, d’autant plus si la personne n’a pas vu le film ni vécu l’expérience que nous évoquons. Cette liberté que nous prenons à raconter les faits fait de nous des animaux non seulement politiques, comme le soutient Aristote, mais aussi poétiques, au sens plein de l’étymologie grecque de « poète » : celui qui crée.

David Jarousseau

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *